Odeur de chlore, irritations des yeux, de la peau ou des muqueuses, gêne respiratoire pour les maîtres-nageurs comme pour les baigneurs... : les chloramines restent l'un des principaux points noirs des piscines collectives, dans un contexte où le parc français de piscines publiques vieillit et où les collectivités doivent arbitrer en matière de rénovation, de budget et d'exigences sanitaires.

Réduire le chlore combiné, améliorer la qualité de l'air et limiter les renouvellements d'eau

À Lunel, dans l'Hérault, BIO-UV Group développe, depuis le début des années 2000, une réponse technique à ce problème : la déchloramination par lampes UV-C, aujourd'hui installée sur des piscines publiques, campings et centres aquatiques en France comme à l'étranger.

Les chloramines, sous-produit inévitable du chlore

En France, la réglementation impose le traitement au chlore des piscines collectives privées et publiques, afin de détruire les microorganismes apportés dans l'eau par les baigneurs - peaux mortes, bactéries, sueur, urine... Mais au contact de ces microorganismes, le chlore génère en retour des sous-produits de désinfection, les chloramines, qui se signalent par une forte odeur et provoquent irritations oculaires, puis gêne respiratoire - des effets qui peuvent s'aggraver après une exposition prolongée. Au premier rang des personnes concernées, les maîtres-nageurs sauveteurs, qui passent leurs journées au bord du bassin. C'est pourquoi la législation française impose un taux de chloramines inférieur ou égal à 0,6 mg/l.

La technologie UV basse pression, couramment installée dans les systèmes de traitement des piscines publiques, ne détruit qu'une partie de ces chloramines. Seule la technologie UV moyenne pression permet de détruire les 3 types de chloramines produits par la réaction du chlore avec les matières organiques - la monochloramine, la dichloramine et la trichloramine. La déchloramination par ozone constitue une autre voie, très répandue en Asie et outre-Manche sur les bassins municipaux et parcs aquatiques - un terrain que BIO-UV Group couvre également, via sa filiale triogen®.

BIO-UV Group, pionnier français de la déchloramination par UV

L'histoire de BIO-UV Group commence au début des années 2000 : son fondateur, Benoît Gillmann, installe un premier réacteur UV artisanal sur sa propre piscine résidentielle, avant de structurer l'entreprise autour de cette technologie. BIO-UV Group développe et brevète en 2003 sa gamme de traitement par UV-C pour la déchloramination des piscines et spas publics ou collectifs.

BIO-UV Group a traité l'équivalent de 717 millions de m³ d'eau en 2024.

En 2004, BIO-UV Group devient la première société agréée par le ministère de la Santé pour la déchloramination en moyenne pression - un agrément étendu à la basse pression en 2013, faisant de l'entreprise l'unique fabricant français agréé pour les 2 technologies.

Introduite en bourse sur Euronext Growth en 2018, l'entreprise a depuis élargi son actionnariat et ses moyens industriels : elle a notamment intégré triogen®, spécialiste écossais de l'ozone, ainsi que Corelec, fabricant français d'électrolyseurs au sel à l'origine de la marque Akeron. Le groupe - dirigé depuis 2023 par Laurent-Emmanuel Migeon - a célébré en 2025 ses 25 ans d'existence : il emploie plus de 160 collaborateurs, dispose de sites de production en France - à Lunel (34) et à Seysses (31) - ainsi qu'en Écosse, et revendique plus de 15 400 systèmes installés dans plus de 70 pays.

Sur l'exercice 2025, le groupe - coté en bourse - a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 35,9 millions d'euros, avec un objectif de 38 à 42 millions d'euros pour 2026, porté notamment par les ventes de solutions à l'export et l'après-vente.

Comment fonctionne un déchloraminateur UV-C

Le principe est directement lié à la filtration du bassin : les réacteurs BIO-UV Group s'adaptent au débit de filtration de la piscine ou du spa, et l'appareil de désinfection UV-C est installé après le filtre à eau, sur les refoulements. À chaque passage dans l'appareil, l'eau est soumise au rayonnement des lampes UV-C et en ressort désinfectée - avec un niveau de chlore combiné significativement abaissé - avant d'être rejetée dans le bassin.

BIO-UV Group garantit l'utilisation de ses lampes UV-C à une dose de 60 mJ/cm², y compris en fin de vie de la lampe - un seuil qui permet d'éliminer le risque de contamination par des parasites résistants au chlore, comme le Cryptosporidium, le Giardia ou le Toxoplasma Gondii, responsables par le passé d'épidémies hydriques dans le monde. Depuis 2009, la gamme de déchloramination BIO-UV Group intègre des régulateurs de puissance qui ajustent le traitement en fonction de l'intensité UV ou du taux de chloramines mesuré.

À l'intérieur d'un réacteur BIO-UV Group, la lampe UV-C

À l'intérieur d'un réacteur BIO-UV Group, la lampe UV-C irradie en continu l'eau qui y circule, détruisant chloramines, bactéries et virus avant son retour dans le bassin. 

Les gammes MPL et LP, agréées par les autorités sanitaires

Sur le terrain, BIO-UV Group propose ses appareils des gammes MPL (moyenne pression) et LP (basse pression), autorisés pour l'équipement des bassins à usage collectif et soumis au contrôle des agences régionales de santé (ARS). La gamme triogen® UV CF, dotée d'une lampe UV-C moyenne pression, est quant à elle agréée NSF 50 et évaluée Cryptosporidium. Le réacteur MPL SD, en inox Super Duplex résistant à la corrosion, peut traiter des débits allant jusqu'à 500 m³/h.

Sur le plan des résultats, les destructeurs de chloramines BIO-UV Group permettent de réduire de 50 à 75 % le taux de chlore combiné, pour atteindre un niveau moyen de 0,1 à 0,3 ppm, tout en réduisant jusqu'à 60 % les besoins de renouvellement d'eau du bassin - avec un temps de retour sur investissement annoncé entre 9 et 24 mois, selon les installations. À l'échelle de l'ensemble de ses technologies UV et ozone, BIO-UV Group avance une réduction plus générale de la consommation d'eau de l'ordre de 20 à 40 %, ainsi qu'une baisse des besoins en énergie de chauffage et de déshumidification, et des rejets polluants.

Des bénéfices concrets pour les exploitants comme pour les usagers

Au-delà de la seule déchloramination, la désinfection par ultraviolet - sans ajout de produits chimiques - inactive aussi les bactéries et virus présents dans l'eau de baignade, pour un environnement plus sain à la fois pour les baigneurs et pour le personnel de surveillance. BIO-UV Group met en avant une amélioration de la qualité de l'air ambiant, la disparition des irritations des yeux et des muqueuses, ainsi qu'une meilleure maîtrise du chauffage, grâce à la limitation des renouvellements d'eau. L'entreprise fut longtemps partenaire technique officiel de la Fédération française de natation (FFN), avec laquelle elle a coproduit un guide de recommandations sur le traitement des chloramines dans les équipements aquatiques. Elle équipe également de nombreux bassins olympiques en France et à l'étranger, dont le bassin principal des JO de Paris 2024, et participe à la démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) sur ses propres sites.

Désinfecter les réseaux

Le groupe propose également un traitement préventif contre la légionelle, pour sécuriser les réseaux d'eau chaude sanitaire des douches et vestiaires, ainsi que la désinfection des eaux de forage ou de captage pour les sites en autonomie partielle ou totale. Pour un exploitant de centre aquatique, l'argument reste le même : limiter le risque sanitaire sans multiplier les produits chimiques, sur un site qui accueille du public toute l'année, tout en simplifiant les protocoles d'entretien du personnel technique.

Dubaï, BIO-UV Group a fourni et mis en service la technologie avancée de générateur d'ozone

À Dubaï, BIO-UV Group a fourni et mis en service la technologie avancée de générateur d'ozone de sa filiale triogen®, pour une fosse de plongée détenant un record mondial de profondeur. Le système permettra de traiter quelque 14 millions de litres d'eau douce, garantissant une qualité irréprochable pour cette installation hors du commun. 

Une expertise qui va au-delà de la piscine

Maritime : sous la marque BIO-SEA, BIO-UV Group est agréé depuis 2013 par l'Organisation maritime internationale pour le traitement des eaux de ballast des navires par UV, sans produits chimiques. Le groupe a livré, fin 2025, le cinquième et dernier système d'une série de paquebots de croisière construits par les Chantiers de l'Atlantique, avec des réacteurs capables de traiter jusqu'à 250 m³/h.

Agroalimentaire : les générateurs d'ozone triogen® PPO3 permettent de désinfecter les eaux de lavage de fruits et légumes sans résidus chimiques, avec jusqu'à 95 % de l'eau de lavage recyclée sur les sites équipés, comme chez un producteur néerlandais.

Aquaculture : un axe de développement stratégique pour le groupe, avec de nouveaux contrats signés fin 2025 et début 2026, notamment pour des sites d'élevage de saumon.

Réutilisation des eaux usées (REUT) : avec CUBIQ, une unité UV compacte et mobile lancée en 2024, BIO-UV Group traite de 3 à 5 m³/h d'eaux usées épurées, pour obtenir une qualité d'eau de classe A ou B, réutilisable pour l'arrosage ou le nettoyage de voirie ; le groupe a aussi mené des projets pilotes avec l'INRAE (Narbonne) et Veolia (plaine de l'Adour) pour l'irrigation agricole à partir d'eaux recyclées.

Eaux industrielles et potabilisation : le groupe conçoit des solutions de désinfection pour les eaux de process industriel et la production d'eau potable.


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